Maroquinerie sentimentale et Fête des Mères : pourquoi j'ai choisi de raconter une histoire vraie
Chaque année, la Fête des Mères pose la même question : parler ou se taire ? Voilà ce que j'ai choisi de faire — et pourquoi.
La maroquinerie sentimentale et la maternité sont intimement liées.
L'écharpe de portage transformée en sac. Le textile d'une grand-mère qu'on n'a jamais connue, devenu portefeuille.
Les exemples sont infinis.
La plupart des marques choisissent pourtant d'ignorer la Fête des Mères — et je comprends : tout le monde n'a pas une mère vivante, ou avec laquelle on entretient une relation simple (pour ne citer que ces cas de figure).
C'est facile d'être maladroite sur ce sujet, et de faire vraiment mal.
J'aurais pu faire pareil, par frilosité. Alors non — j'allais pas faire semblant que ce jour n'existe pas.
Mon dilemme
Mon travail, c'est littéralement de transformer des textiles chargés de mémoire en objets qu'on peut porter et utiliser. La veste de votre grand-père. Votre écharpe de portage. Le pyjama du p'tit dernier. La robe que vous avez portée le jour le plus important de votre vie.
Ignorer la Fête des Mères quand son métier tourne entièrement autour de la transmission et de la mémoire… c'est compliqué. Mais faire juste une comm classique ("offrez un beau sac à votre maman") c'était pas vraiment ce sur quoi je voulais me focaliser non plus, parce que ça tombe à côté du coeur de ce que je fais vraiment.
Concrètement, ça veut dire quoi ?
J'ai fait une sélection "florale" dans la Collection Nature, parce que c'est plus durable qu'un bouquet et que j'ai de si jolies pièces en stock.
Mais je n'ai pas matraqué à base de "LE cadeau parfait" ou en jouant d'urgence artificielle pour autant.
Parce que ce que je propose, c'est pas "achetez quelque chose à -70% avant dimanche".
C'est : si vous avez un textile qui attend dans un placard depuis des années, on peut en faire quelque chose qui va vous accompagner durablement.
C'est un tout autre type d'offre : qui demande du temps, de la réflexion, une conversation. Et qui s'adresse à qui est prêt·e à faire quelque chose d'un souvenir, pas à qui cherche un cadeau de dernière minute.
Alors pour la Fête des Mères cette année, j'ai fait un choix : raconter une histoire vraie.
La robe de mariage de ma maman
Il y a des années, ma maman s'est mariée dans une robe dans laquelle elle était magnifique. Quelques décennies (et retouches) plus tard, je l'ai portée à mon tour.
Et puis elle est restée dans un placard, à mon grand regret : trop chargée émotionnellement pour partir, mais trop belle pour se languir là enfermée.
Alors, je l'ai couplée à un pull de feu mon papa pour rendre hommage à leur couple, et j'en ai fait des choses chouettes : j'ai transformé cette robe en quelque chose d'utilisable au quotidien
- Un sac, disponible à la vente pour se charger de nouvelles émotions ;
- Trois petits porte-monnaies : un pour moi, un pour elle, un à vendre ;
- Et un coussin pour ma maman, pour qu'elle puisse faire des câlins avec, le soir sur le canapé.
C'est ça, la maroquinerie sentimentale.
Pas juste un cadeau de circonstance : des objets qui "portent" quelqu'un, pour longtemps.
Et c'est ça qui distingue une marque artisanale d'un catalogue.
Et vous ?
Si vous avez un textile (ou un cuir) qui vous attend quelque part (dans un carton, un placard ou le fond d'une armoire), je suis là.
Pas pour la Fête des Mères spécifiquement, hein. Pour ce que vous voulez en faire, quand vous êtes prêt·e.