Mois Saintéthique 2026 — bilan d'une première édition prometteuse

Retour sur le Mois Saintéthique, premier festival de mode éthique à Saint-Étienne : ~60 événements, défilé upcycling, boutique, et une belle énergie collective portée par le Collectif TRESSE.

Avril s'est terminé et avec lui, la première édition du Mois SaintÉthique.

Aperçu du programme du mois SaintÉthique

C'est quoi le Mois Saintéthique ?

Du 1er au 30 avril 2026, Saint-Étienne a accueilli le Mois Saintéthique — première édition d'un festival dédié à la mode, la musique et la culture 100% éthiques, organisé par le Collectif TRESSE (Textile, Responsable, Éthique, Solidaire, Saint-Étienne) avec le soutien de la Ville et de Saint-Étienne Métropole.

~60 événements répartis dans 40 lieux.
Défilés, ateliers, friperies, visites d'usines, ciné-débats, brunchs, rencontres professionnelles...
Mode circulaire, réparation, seconde main, fabrication locale.
Grand public et professionnel, en entrée libre pour l'essentiel.

Qu'est-ce que j'en ai pensé ?

C'était une première édition et ça se sentait, mais dans le bon sens du terme : foutraque, parfois un peu approximative peut-être, mais portée par une énergie collective et une sincérité qui font plaisir à voir. Pour avoir organisé ce genre d'événements par le passé, je peux dire qu'on voit rarement autant de bonnes volontés mobilisées aussi vite sur un territoire.

Ça m'a rappelé Paris Web, Sud Web, les premières éditions de ces événements qui démarrent avec trois bouts de ficelle et une conviction en béton armé, et qui finissent par devenir des rendez-vous incontournables.

Je crois que c'est ce que le Mois Saintéthique peut devenir.

Ma participation

Un mannequin noir défile avec le sac d'épaule 'C'est ASSE(z), 1' au défilé Upcycling 'La main dans le sac'

Vendredi 24 avril : Défilé Upcycling « La main dans le sac »

La Commune, Halles Mazaret — 20h30.

Trois de mes pièces ont défilé ce soir-là.

Le duo « C'est ASSE(z) ! » : Isocèles et Vagabondages, nés d'un fanion et d'un maillot de foot vintage chinés chez Trincamp, et de cuirs vert et blanc sauvés chez Sibel Leather.
Difficile de trouver meilleur hommage à la ville, à son histoire textile et à l'engouement pour la revalorisation qui l'anime.

Et « Composition » : l'hommage à Mondrian, de la collection L'Art se porte.

On m'avait demandé si j'étais ok avec des mannequins hommes. J'ai dit oui tout de suite, car mes sacs ne sont pas genrés et ils n'ont jamais eu vocation à l'être. Les voir portés sur ce podium-là, c'était une évidence qui fait du bien. Et en plus, en les rencontrant le jour J j'ai découvert qu'ils étaient fans de l'ASSE... ce qui rendait la chose d'autant plus parfaite.

C'était la première fois que je voyais mes créations portées sur scène, et honnêtement j'avais les mains qui tremblaient un peu en filmant depuis les coulisses. À refaire, sans hésitation.

Les sacs de Marie, Raconteuse d'Histoires Textiles, exposés à la boutique/QG du Collectif Tresse pendant le mois SaintÉthique 2026 à Saint-Étienne

Tout le mois d'avril : Boutique créateurs et QG

J'ai aimé me retrouver au centre du vortex parmi d'autres créateurs, et avoir une vitrine physique le temps du mois. Et puis bien sûr, le contact direct avec les visiteurs et les curieux qui est essentiel.
Il y a d'ailleurs quelque chose à formaliser là, à structurer pour les prochaines éditions, voire pour les temps entre aussi... la dynamique est bonne.

Samedi 25 avril : Mend in Public Day

Place Waldeck Rousseau — 14h > 18h.

Bon, là, c'était raté j'étais malade et je n'ai pas pu participer :(
C'est la tuile qui fait mal, parce que l'idée me tenait vraiment à cœur : réparer des sacs en public, comme acte militant visible, sous l'égide de la Fashion Revolution Week pour l'anniversaire du Rana Plaza.

Ce n'est que partie remise, cela dit : c'est un format que je veux défendre l'an prochain.

Les journées professionnelles

Le Mois Saintéthique, c'était aussi des journées dédiées aux professionnel·les. J'en ai profité pour apprendre deux techniques que je n'avais jamais pratiquées : la broderie au point de Boulogne et le tufting. Exactement le genre de moment qui me nourrit. Pas forcément pour intégrer ces savoirs-faire tels quels dans mon travail, mais pour comprendre d'autres façons de faire dialoguer textile et geste.

La cérémonie de clôture — chez PIC

Fin avril, la clôture du mois s'est tenue chez PIC (Post Industrial Crafts), une entreprise stéphanoise qui refond des phares de voiture pour en faire du luminaire et du mobilier design, à l'aide de robots de chaînes de production automobile reconvertis en imprimantes 3D géantes. Vous avez bien lu.
De la revalorisation industrielle à grande échelle, avec une élégance qu'on n'attendait pas forcément.

La soirée réunissait le maire de Saint-Étienne et plusieurs acteurs locaux de la revalorisation. Le genre de rencontre qui rappelle que l'économie circulaire ne se cantonne pas aux créateurs indépendants, elle est aussi portée par des entreprises qui réinventent leurs outils de production... et des volontés politiques.

Et dans 5 ans ?

Le 27 mai a eu lieu une réunion de bilan avec le collectif. On a rêvé un peu, beaucoup... et je crois que c'était nécessaire.

On a rêvé que dans 5 ans, le Mois Saintéthique pourrait être labellisé, rayonner au-delà des frontières de la Loire, au niveau national voire international. Qu'il devra (et c'est peut-être le plus important) s'ancrer encore plus fort dans la formation et la transmission, parce que la mode circulaire a besoin d'une relève, pas seulement de militants de la première heure. On a rêvé aussi de parrains et marraines de renom, de lieux dédiés à l'année, d'une présence dans la presse nationale...

Alors oui, c'est ambitieux.
Mais j'ai vu ce que ce collectif est capable de faire en quelques mois.

Merci encore au Collectif TRESSE pour l'invitation et pour ce qu'ils construisent. J'espère être là dès le début pour la prochaine édition. 🤞
N'hésitez pas à adhérer à l'association pour la soutenir !


Photo de Marie Alhomme
Marie Alhomme artiste textile et cuir

La Raconteuse...

Tout a commencé avec une couverture, celle que j’ai cousue pour l’arrivée de notre 2ème enfant, à partir de tissus chargés de souvenirs : ma 1ère écharpe de portage, un tee-shirt du grand-père, un vieux lange, un bout de doudou de la cousine...
Ce mélange de matières et d’émotions m’a profondément marquée. J’ai compris que je pouvais, avec mes mains, raconter des histoires.

Aujourd’hui, je mets mon savoir-faire au service des vôtres. Pour créer, avec vous, des objets uniques, chargés de sens et de tendresse.

Je suis Marie, je vis dans la Loire avec mon mari et nos deux enfants. Et j’ai hâte d’écouter ce que vous avez à me raconter.

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